mardi 16 mai 2017

Exercice 15 / Le film numérique


A l'époque où n'existait que la photo argentique, limiter sa rage était relativement facile. Et celui qui "mitraillait" se reconnaissait aisément au fait qu'il n'arrêtait pas de changer de film. L'appareil digital, combiné à des cartes mémoires de plus en plus importantes, ont pratiquement supprimé l'idée de "limite" dans le nombre de photo que l'on réalise lors d'une session. Au point que la photographie semble parfois plus être un exercice du doigt que de l'intelligence ou de la vue.

Dans cet exercice, je propose une contrainte supplémentaire lors d'un exercice que vous feriez par ailleurs, par exemple une sortie en club photo.

Déroulement:

Pour cet exercice, les consignes sont simples.
Avant de commencer une tâche photographique, on prendra une photo pour référence et on notera son numéro de séquence.
La séance n'autorise de faire que 36 photos (l'équivalent d'un film 24x36).
Il est interdit de supprimer des photos de la carte mémoire.
Après 36 photos, le photographe s'arrête.
A la fin de la séance, le photographe fait à nouveau une photo et note son numéro de séquence.
Si par hasard il avait dépassé d'une ou deux unité le compte exact, on considérera qu'il avait "mal chargé son film" et que ces dernières vues supplémentaires sont illisibles.
Et si par hasard, il continuait à photographier, ses pairs considéreront pour toujours les photographies produites comme nulles et non avenues. Le résultat d'une tricherie.

Quand cet exercice est réussi, il est suggéré d'en augmenter la difficulté et de prendre un film de 24 vues (court film 24x36 ou long film 6x6), puis 16 (film 4,5x6), et enfin 12 vues seulement.

Intérêt:

Face à un médium rare et cher (le film), on se retient de photographier avant d'avoir regardé et réfléchi.
Regarder d'abord et réfléchir avant de faire la photo ne fera aucun mal à un photographe. Fut-il équipé d'un appareil numérique.

Suites:

vendredi 24 octobre 2014

Roman Jehanno / Why shooting fewer frames will make you a better photographer

"... (I) believe in a single and very powerful principal: Less is more. (...)
I really do think that the amount of pictures taken is counterproductive.
That’s why shooting fewer frames will make you a better photographer:
1) Spend your time wisely (...)
2) Plan in advance, not during your shoot (...)
3) Don’t dilute the moment (...)
4) Do one thing well (...)
5) Challenge yourself (...)"

Roman Jehanno / Why shooting fewer frames will make you a better photographer

lundi 13 octobre 2014

Kris Verburgh: Coucher de soleil...

Je déteste les photos de coucher de soleil (je préfère les regarder)... mais j'adore cette pensée: "We staan te vaak met onze rug naar een zon sondergang omdat we een selfie aan het nemen zijn" / "Nous tournons trop souvent le dos au coucher de soleil parce que nous sommes en train de prendre un selfie!"

 Kris Verburgh / Source: De Morgen, 13/10/2014

dimanche 27 juillet 2014

Une nouvelle page pour "slow photography"

La nouvelle page (en construction) de "slow photography" sur mon site web.

jeudi 3 juillet 2014

Bruno Dubreuil / La démarche photographique peut-elle être plus importante que la réalisation ?

"Pour certaines œuvres photographiques, cela va même beaucoup plus loin : le produit final, la photographie, n’a pas réellement d’importance. Car le plus important, c’est le processus qui a créé ces images. Voyons un peu cela."

Voir l'article complet

dimanche 20 avril 2014

Abelardo Morell / a l'interieur de la camera obscura

"Originally born in Havana, Cuba, photographer Abelardo Morell has embraced the classic technique of camera obscura, a method used photographically through the use of pinhole cameras. Morell finds rooms with windows that offer unique and spectacular views from the Eiffel Tower to the Italian countryside and then blocks out all the light from the windows with the exception of a pinhole which causes the narrow channel of light to project an exact upside down image of the scene outside on the opposite wall. Next, Morell sets up a large format camera facing the projection on the wall and creates a long exposure photograph revealing the juxtaposition of the actual room meshing with the landscape outside the window."

Source Juxtapoz Magazine

Andre Gorz / ce que je pourrais écrire ensuite

"(...) Je ne voulais pas livrer le résultat d'une recherche mais écrire cette recherche elle-même en train de s'effectuer, avec ses découvertes à l'état naissant, ses ratés, ses fausses pistes, son élaboration tâtonnante d'une méthode, jamais achevée. Conscient que, 'quand tout aura été dit, tout reste encore à dire, toujours tout restera encore à dire' - autrement dit: c'est le dire qui importe non le dit - ce que j'avais écrit m'intéressait beaucoup moins que ce que je pourrais écrire ensuite. Je pense que cela est vrai pour tout écriveur/écrivain. (...)"

André Gorz, Lettre à D., Histoire d'un amour, Folio, Galiléé 2006, pp 54-55

Remplacez écrire par photographier et écriveur/écrivain par photographeur/photographe et vous saurez pourquoi j'adhère à la formule d'Imogen Cunningham: "Which of my photographs is my favorite? The one I'm going to take tomorrow."

mardi 18 mars 2014

Gregoire Polet / Relire

"Relire c'est une activité curieuse. D'abord, on reconnaît le livre comme un vieux copain, on se souvient, on le prévoit, on s'étonne de ce qu'on avait oublié, on y trouve de nouvelles choses. Puis, quand c'est la troisième, la quatrième fois, on le connaît si bien qu'on y entre comme dans un lieu familier, comme chez soi. C'est reposant. On a l'impressio qu'on l'a écrit, qu'on est exactement son auteur. Les pages et les chapitres deviennent les pièces, les chambres, les couloirs, l'escalier, les fenêtres et le jardin d'une maison qu'on habite."

Grégoire Polet / Excusez les fautes du copiste / Folio - Gallimard 2006 - pp24-25

dimanche 16 février 2014

Diane Arbus / Le sujet se revele

"I would never choose a subject for what it means to me or what I think about it.
You just choose a subject and what you feel about it, what it means, begins to unfold if you just plain choose a subject and do it enough."

Diane Arbus (quote from Masters of photography - Diane Arbus (documentary, 1972) http://www.youtube.com/watch?v=Q_0sQI90kYI)

mardi 15 octobre 2013

Exercice 14 / Slow art day

It’s not what you look at that matters, it’s what you see.
Ce n'est pas ce que vous regardez qui importe, c'est ce que vous voyez.
Henry David Thoreau

Le "Slow art day" (www.slowartday.com) est une organisation bénévole visant à aider les gens à découvrir le plaisir de contempler les oeuvres d'art.

Pourquoi la lenteur?

Quand on regarde paisiblement une oeuvre d'art on fait soi même un certain nombre de découvertes.
La plus importante est qu'on peut se passer d'expert et d'expertise et pourtant regarder et ressentir.

Comment ça marche?

Chaque année, pendant une journée - le 12 avril en 2014 - des visites de galeries et musées sont organisées un peu partout dans le monde. Les participants regardent 5 oeuvres pendant 10 minutes chacune; ils se rencontrent ensuite au moment du repas pour parler de leur expérience.
C'est tout! La simplicité même. Le but est de se focaliser sur l'oeuvre d'art et sur l'art de regarder.

Mais ça marche aussi en dehors du slow art day!

Quand vous visitez un musée ou une galerie que vous ne connaissez pas, n'essayez pas de tout voir.
Attachez vous particulièrement à deux ou trois oeuvres, et prenez la peine de les regarder longtemps.
Vous verrez que les résultas porteront aussi bien sur:
  • Votre connaissance de l’œuvre en question. Vous vous en souviendrez mieux; vous ne l'oublierez peut être jamais. Vous en pénétrerez aussi certains détails que ceux qui passent plus rapidement n'auront même pas deviné.
  • En apprenant à regarder, vous mettrez au point vos propres techniques de regard. Votre manière par exemple de vous déplacer dans la salle de musée. Et cela vous sera précieux pour regarder d'autres oeuvres ailleurs et plus tard.
Variations
Quand je visite un musée, j'essaye d'en faire rapidement le tour; de survoler les collections et d'y repérer ce qui va m'intéresser.
  • Je m'attache ensuite à trois œuvres que je regarde avec attention; il m'arrive aussi de passer de l'une à l'autre et puis de revenir...
  • Lors d'une visite ultérieure, je ne manque pas d'aller revoir ces oeuvres; ne fut ce qu'un court moment.
  • Lors d'une visite ultérieure, ou si votre visite se prolonge, il est intéressant aussi de s'attacher à l'une ou l'autre œuvre que l'on a rejeté (mais pas simplement par indifférence). Une œuvre qu'on rejette contient au moins quelque chose qui nous interpelle... Cela vaut aussi la peine de prendre le temps de comprendre pourquoi... et éventuellement de dépasser ce premier mouvement d'humeur pour aborder un art qui nous serait moins immédiatement accessible.
  • Dans chaque musée que je visite régulièrement, j'ai ainsi "ma collection" que je vais systématiquement revoir!

Suites

dimanche 6 octobre 2013

Slow photography et Flickr

New Media And Vernacular Photography, Revisiting Flickr,
by Susan Murray
in The photographic Image in Digital Culture, 2013 Second Edition, edited by Martin Lister

"In response to the proliferation of online photo-sharing since Facebook's ta(ocial media, a "slow photography" movement has develope that likens itself to the"slow food" movement. Although apparently small in number, members of the slow photography argue that digital photography, in the manner it is most often practised, has become too focused to the accumulation of massive amounts of photos and lacks the deliberative and careful focus that, they believe, was at the heart of much film photography of the past. In an article Slate in 2011, author and amateur photographer Tim Wu articulated a definition of the movement. (...)"
(... voir ce post:  ...)
"(...) Whether or not the slow photography movement has any real legs or is even a valid critique of the current state of digital image making, it is still an interesting (and some might say fairly predictable) development at a time in which the practice of photography has become so very altered by digital platforms and social networking software. It reveals an anxiety about the proliferation and usse of photographic images in the era of the digital that has less to do with content or privacy issues and more to do with the desire to return to an idealized, engaged, and attentive visual process. This attentiveness or slowness has surely existed in the history of photography, but the photo produced has also been the goal. Slow photography therefore is not so much about a return as yet another redefition within digital practice. (...)"

A retrouver dans Google books

mardi 1 octobre 2013

Exercice 13 - Collection photographique

Presque tous les photographes s'attachent un jour à l'un ou l'autre détail et vont faire - en général lors de leurs vacances - quelques photos qui sont le début d'une série.
Vous aurez tous vu ces posters présentant des dizaines de portes ou de fenêtres de toutes formes et couleurs, en Provence ou ailleurs.

Déroulement:
  • Dans vos propres photos, identifiez ce qui pourrait faire le début d'une telle collection.
    • Une seule photo suffit
    • Le sujet doit être assez général pour être retrouvé partout
    • Le sujet doit être assez original pour être le vôtre (Les fenêtres et les portes sont un mauvais sujet... si vous aimez ça, achetez le poster, et trouvez vous un autre sujet!)
    • Les sujets les plus faciles sont ceux qui peuvent être photographiés en faisant abstraction de leur environnement (poignées de portes, soupiraux et autres détails d'architecture), mais ce n'est pas une obligation
  • Lors de vos sorties photographiques, collectez de nouveaux échantillons pour votre collection
  • Si nécessaire, faites des sorties photographiques spécialement pour aller photographier l'un ou l'autre échantillon remarquable à ajouter à votre collection
  • Ne vous lancez pas dans dix collections! Essayez d'en trouver une (ou deux) qui puisse alimenter votre regard photographie pendant des années... et peut-être toute une vie.
Attention:
  • Vous avez tout votre temps ! Une vie entière s'il le faut !
  • Le but n'est pas d'en avoir le plus possible... mais de développer votre propre sujet...
  • Vous verrez que la collection, la juxtaposition d'éléments presque les même, va au moins amuser ceux qui regarderont vos images...
  • Développez votre style: si c'est juste pour collectionner... commencez une collection... Puisque vous voulez photographier, trouvez un style photographique qui soit au moins aussi bon que votre collection!
Et si vous croyez que ce n'est pas digne d'intérêt:

Suites

dimanche 15 septembre 2013

Exercice 12 / Rectangle gris sur fond gris

Matériel:
Une chaise, un mur (toute autre surface "uniforme" et verticale pourra faire l'affaire), votre appareil photographique

Déroulement:
Asseyez vous face au mur et regardez.
De ce "rien", il vous faut sortir une (et une seule) image.
A force de regarder, il devrait nécessairement vous apparaître que ce qui vous semblait uniforme ne l'est pas:
  • L'histoire a fait évoluer différemment certaines parties de la surface
  • La surface présente une texture et des rythmes qui ont un certain intérêt graphique
  • La lumière environnante produit des ombres, stables ou changeantes, qui donnent à leur tour du relief à ce qui n'en avait pas
  • Dans l'indifférencié, il y a quelque part un "accident" - un clou, une tache de couleur,... - qui, bien posé dans l'image peut lui donner du sens
Technique:
  • Essayez de photographier avec le moins d'effets possible: strictement perpendiculaire à la surface, avec une focale normale ou un téléobjectif


Suites

dimanche 1 septembre 2013

Exercice 11 / La derniere

Le reproche de "mitrailler" et d'accumuler les tentatives plutôt que de réfléchir posément aux quelques photos que l'on va faire et va réussir et aussi ancien que le film en bobine (pour rappel Eastman a produit des 1888 la Kodak 100 vues!).
Il serait pourtant déraisonnable de se passer de l'avantage considérable qu'offrent les supports électroniques actuels: celui d'enregistrer et de pouvoir être effacés des milliers de fois.

Les problèmes que cela génère:
  • Après la photo, l'accumulation de dizaines de photos quasiment identiques dans lesquelles il faut, difficilement, faire un choix.
  • Pendant la séance, le risque que la démarche de recherche de "la bonne image" soit plus le fait du doigt (et du hasard) que du photographe et de ses qualités.
Ma proposition:
  • Une photo n'est jamais "doublée"
  • Si on se rend compte qu'on a fait une erreur manifeste, on peu évidemment la refaire pour la réussir en corrigeant cette erreur... 
  • Certains sujets et certaines techniques (c'est le cas par exemple du sténopé numérique - voir mon projet Fuzzy digital) pourraient réclamer des essais et erreurs.
    • Dans ce cas je propose de ne garder que la dernière photo ! Celle qui est au bout de la démarche.
    • Éventuellement aussi de ne garder que la première photo ! Celle qui est porteuse de l'intuition initiale.
 Attention:
Dans cette démarche de "la dernière photo", il est essentiel de pouvoir s'arrêter au bon moment. De reconnaître que:
  • Ce que l'on a en main est satisfaisant
  • Ou bien que l'on sait ce que l'on va faire pour améliorer la situation


Suites

Exercice 07-3 / Stenope digital

Pratique

Mise en pratique de ma proposition de sténopé digital, mon projet Fuzzy digital

Chaque photo est habituellement prise à 800 iso / 8 secondes / en prenant appui sur le pied de mon éclairage continu.




Modèle: Jane Kyrscen
Suite

dimanche 11 août 2013

Exercice 10 / Photos-souvenirs / Benoit Grimalt

"Photos-souvenirs (ou la dernière photo)

Il s'agit de dessiner, de mémoire, la dernière photo de ma pellicule avant développement.
Comparer ensuite.

Benoît Grimalt / France (1975)"

Un travail exposé à la biennale 2013 de la photographie à Marchin et que l'on peut retrouver sur le site du photographe.

Suites

Exercice 09-3 / 16 photos que je n'ai pas prises / Benoît Grimalt

"Lorsque Fabrice (Wagner) m'a proposé d'exposer à la biennale photographique du Condroz dont le thème était «OUI», j'ai répondu "oui", sans hésiter.
Fabrice voyait ma série de "Photos que je n'ai pas prises" (constituée de dessins !) dans la rubrique «Oui, mais non». Je rétorquais qu'elle pouvait aussi être placée dans la catégorie « Non, mais oui », car il y a bien un résultat au final : un dessin à la place d'une photo.
Mais ce que je retiens, c'est ce OUI, ce OUI qui permet, finalement, de faire. J'aime la simplicité du titre. J'aime l'idée de faire, de prendre une photo, de dessiner ou d'écrire, même si le résultat est loin de l'idée de départ que l'on avait en tête.
Oui, il faut faire, quel que soit le médium."

16 photos que je n'ai pas prises
Benoît Grimalt (France, 1975)
Source: Biennale de Photographie de Marchin 2013

Suites

vendredi 21 juin 2013

Formation de Slow Photography

Vous aimez la photographie, mais pas ceux qui photographient à tort et à travers ? La Slow photography, c’est le plaisir de la redécouverte de la photographie. Equipé de votre appareil photo (numérique ou argentique, noir et blanc ou couleurs, peu importe son âge ou ses performances, pourvu qu’il fonctionne), l’atelier vous amènera à l’aide de petits exercices à remettre en avant le plaisir de « prendre le temps » de photographier. Un atelier pour apprendre à regarder autrement le monde qui nous entoure et les images que nous en faisons et à imaginer la décroissance aussi dans les pratiques artistiques. Attention : Un crayon (bic, feutre) et un appareil photographique sont indispensables pour chaque participant de cet atelier (du Kodak box au smartphone, tout peut convenir).

Dans le cadre des Rencontres Ecologiques d'Eté
Samedi 31 août 2013 le matin
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Ex journaliste, informaticien, Ecolo, photographe, belge, bedonnant, grisonnant, polyglotte, passant quotidiennement trop heures derrière mon volant. Vous en voulez encore? Parlons plutôt photographie!