"(...) I have coined the term Slow Photography for this piece because they lug about a 4×5 camera and as well as standing over the top of their medium format to hold a conversation, they’ll usually stick around for a week or three.
There is a sense that Broomberg and Chanarin arrive ‘either too early or too late’ and not within the usual media-driven time scale at a site of social crisis.
(...)"
Source: Prison photography
"Defined more carefully, slow photography is the effort to flip the usual relationship between process and results. Usually, you use a camera because you want the results (the photos). In slow photography, the basic idea is that photos themselves—the results—are secondary. The goal is the experience of studying some object carefully and exercising creative choice. That's it.
Step 1 in slow photography is spending a long time studying the subject. As one guide enjoins, "pay more attention to your subject than to your camera." That's an order to actually use your eyes. It calls for consideration not just of what you think you see (a tree or a dog) but of the colors and shapes that present themselves. Thinking dog or tree can blind you to what you are really seeing—which is, in the end, a series of photons arranged in a way that for convenience you call dog. It may sound like semantics, but it makes all the difference. When you look carefully and avoid trying to label what you see, you inevitably start to notice things that you mightn't have otherwise.
If Step 1 is a long consideration of the subject, Step 2 is the exercise of creative choices—the greatest pleasure that our automatic cameras rob us of. What should be in the frame and what should be excluded is the most obvious decision, but there's also exposure, depth of field, and more technical choices beyond that. Making such deliberate decisions requires a little bit of courage, for you cannot blame the camera if the results are bad. Yet these choices are, to my mind, the whole game. They are what individualizes photography, what puts the stamp of your personality on the photo.
After taking these two steps, taking the photo becomes irrelevant. You've already had the experience. At this stage, you could shoot with a filmless camera, and the process could retain its power. In the logic of slow photography, the only reason to take photos is to gain access to the third stage, playing around in post-production, whether in a darkroom or using photo-editing tools, an addictive pleasure."
The Slow-Photography Movement, What is the point of taking pictures? / Tim Wu sur Slate
"(...) Last but not least : l’image latente (l’attente), le temps, le rapport au temps. Moi qui suis un vrai impatient, un nerveux et un angoissé, l’appareil numérique n’était pas bon pour moi. Boulimie : l’été, je passais mon temps à faire des photos. A en oublier les autres, la famille, les amis. Le soir, je me retrouvais devant mon Mac à retoucher les images du jour... Les photos se suivaient et finissaient un peu toutes par se ressembler. Des clones de clones : qu’en reste-t-il , au bout du compte ? Pas plus de bonnes photos, plutôt moins d’ailleurs, le trop nuit au bon, le mieux est l’ennemi du bien. Je viens de retravailler sur des négatifs, des séries faites en 1993 au Portugal. Je m’aperçois que c’est capital de prendre du temps (bon, onze ans, c’est abuser !), quelques semaines, le temps de développer et de faire les planches contact, ça laisse le temps à la pulpe de se redéposer, ça laisse le temps d’oublier un peu, de laisser l’émotion passer. Oublier pour mieux redécouvrir et éprouver sa mémoire. Les photographies, disaient les Indiens, ce sont des miroirs qui se souviennent... Un peu plus de réflexion au moment de la prise de vue, plus d’effort mental, une bien meilleure qualité, et enfin du temps. Que demander de plus ? Je repose donc cet appareil étrange qu’il fallait en plus réveiller pour faire la moindre photo. Au revoir les images-minute, revoici l’image latente, son grain de peau incomparable, ses caprices et ses humeurs, ses certitudes déçues et ses surprises inattendues. J’ai repris mes Leica, indémodables appareils, spartiates d’entre les spartiates, fidèles soldats. Acier poli et horlogerie germanique contre plastique et circuits imprimés. Quand tout devient trop confortable, trop immédiat, trop à portée de main à tout instant, la créativité, animal difficile, fout le camp. Il faut donner de soi, apprendre à attendre pour re-ce-voir. Je ne serais pas étonné si cette réflexion pouvait s’étendre à la musique et à quantités d’autres choses. Je ne serais pas en outre surpris que se noue là un problème plus profond de notre modernité."
Source: Vincent Migeat sur Agoravox
Un article: Image l(‘)at(t)ente: apologie des délais analogiques, à retrouver ICI.
Il y est bien entendu question de l'image latente... mais aussi, plus globalement, des délais en photographie analogique... et donc de la lenteur qui intéresse les lecteurs de ce blog.
"(...) Orlik écrit ainsi: 'La synthèse de l'expression, imposée par la longue immobilité du modèle, est la raison principale pour laquelle ces clichés, malgré leur simplicité, agissent comme de bons portraits peints ou dessinés, et produisent sur le spectateur une impression plus frappante et plus durable que les photographies actuelles (...).' Le procédé lui-même n'amenait pas les modèles à vivre à la pointe de l'instant, mais à s'y installer pleinement; pendant le temps prolongé que durait la pose, ils s'insinuaient pour ainsi dire dans l'image (...)"
Emil Orlik, cité par Walter Benjamin dans Petite Histoire de la Photographie (1931 pour l'édition originale), extrait de Oeuvres II, Folio Essais, 2000